La Commission d’Audit Intégral du Crédit Public (CAIC) s’est réunie au mois de février dernier dans la ville de Quito, où elle a approfondi l’enquête et le travail qu’elle est en train de développer sur la situation de la dette. Pendant ces journées, la Commission s’est réunie avec le Président de l’Équateur, Rafael Correa, avec le Ministre de Coordination Politique, Ricardo Patiño, et fut reçue par le Président de l’Assemblée Constituante, Alberto Acosta.
La Commission a présenté au Président Correa un rapport préliminaire qui rassemble les résultats des cinq sous-commissions entre lesquelles est divisé le travail : dettes bilatérales, dettes multilatérales, dettes commerciales extérieures, dettes commerciales intérieures et aspects juridiques. Le rapport recueille l’analyse des différents contrats d’endettement d’un point de vue légal, financier, économique, social, de genre, écologique, et sur les nationalités et les peuples.
Pendant cette rencontre, Correa a réaffirmé son appui au travail de la Commission et a assuré qu’il mettra en œuvre les mesures légales pour mettre en accusation les responsables de l’endettement illégitime dont a souffert le pays. Et il a déclaré qu’il était prêt à arrêter le remboursement de certains prêts concédés par la Banque Mondiale. Ces affirmations furent confirmées par le Président durant son programme de radio du samedi, pendant lequel il a rendu publique son intention de ne pas payer la dette considérée illégitime.
La Commission se réunira de nouveau mi-juillet à Quito, pour adopter le rapport final de l’Audit et les recommandations qu’elle présentera au Président Correa. Il est possible que la CAIC sollicite une prolongation afin de continuer à approfondir ses enquêtes, prenant en compte le fait qu’une grande partie de ses efforts se sont concentrés sur la localisation et la systématisation des documents pertinents en relation avec les dettes réclamées qu’on exige encore de payer à l’Équateur. Une telle information devrait être accessible facilement, puisque tant les citoyens des pays prêteurs comme ceux des pays emprunteurs disposent du droit à l’information, afin de pouvoir participer aux décisions qui se prennent au sujet de l’endettement de leurs pays.
Alors que l’Audit avance et qu’émergent chaque jour davantage de preuves qui corroborent l’illégitimité de la dette que l’Équateur continue à payer – ce qui n’a cessé d’être dénoncé par les mouvements sociaux, peuples indigènes et campagnes contre les dettes- sont devenues cruciales la mobilisation et la solidarité, tant en Équateur que dans la région, afin d’appuyer et renforcer le soutien social et politique pour le non-paiement des dettes illégitimes et pour la restitution-récupération des dettes sociales, écologiques, culturelles et de genre accumulées.
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La publication du Rapport de la Commission d’Audit marquera une heure historique non seulement pour l’Équateur, mais aussi pour tout le mouvement mondial contre la dette, et surtout pour tous les peuples du Sud. C’est un grand défi que d’unir des efforts pour réussir à ce que le processus d’Audit en Équateur soit un pas solide vers la fin de l’utilisation de l’endettement comme un instrument de domination et de saccage, et vers le renforcement de la souveraineté financière et politique des peuples de la région.
25 / 02 / 2008
publié par TeleSur
L’Équateur
ne paiera pas sa
Dette Illégitime
Le Président de l’Équateur, Rafael Correa, a ratifié le fait que son gouvernement prendra les mesures nécessaires pour «ne pas payer une certaine dette illégitime», au moment de recevoir, de la part de la Commission d’Audit Intégral du Crédit Public (CAIC), le rapport préliminaire de l’enquête qu’elle est en train de réaliser, depuis 6 mois, sur la situation de la dette, tant intérieure qu’extérieure.
Correa a déclaré que cette enquête démontre l’existence de prêts internationaux au nom de l’État qu’il considère «illégitimes», et a annoncé que le gouvernement ne les paiera pas.
«Nous allons prendre des mesures, nous allons dénoncer et ne pas payer une certaine dette illégitime», a averti le Président, pour ajouter ensuite que «nous sommes en train d’avancer dans l’enquête (…) et les résultats sont scandaleux. Ce qui a été fait avec la dette extérieure est incroyable».
De plus, il a assuré que seront mis en accusation «ces mauvais Équatoriens» qui se sont offerts pour signer ce type d’accords, dans lesquels, par exemple, l’État équatorien renonçait «à n’importe quel type de réclamation ultérieure même en cas d’erreurs dans l’accord qui se signait». Il a aussi visé les «procureurs qui ont signé ce qui leur a été envoyé, vraiment, des choses incroyables».
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